2010.09.18
Auto organisation contre la spéculation en Andalousie
Un village andalou
«Avenida de la libertad», «calle Ernesto che Guevara», «Plaza Salvador Allende», «Paz, Pan y Trabajo», « Apaga la TV, enciende tu mente», «Una Utopia hacia la Paz» etc. ce sont là les noms de rues, de places et des slogans d'un village andalou non loin de Cordoba et de Sevilla que le visiteur étranger découvre au bout d'une route sinueuse au milieu des champs d'oliviers, de blé coupé et grillé par le soleil. L'artère principale de la petite ville de près de 3 000 habitants mène tout droit à la mairie (Ayuntamiento) dirigée par Juan Manuel Sánchez Gordillo qui a gagné toutes les élections à une large majorité et ce depuis plus de trente ans. Juan Manuel est un homme simple qui reçoit les visiteurs dans son bureau, où trône un grand portrait d'Ernesto Che Guevara, spontanément et naturellement sans rendez-vous ni protocole aucun. Il n'hésite pas à quitter son bureau pour montrer les maisons blanches situées juste en face de la mairie et construites collectivement par les habitants eux-mêmes sur des terres offertes quasi gratuitement (15,52 euros par mois) par la commune. Celle-ci met également à leur disposition l'aide d'un architecte et d'un chef de chantier. La région, elle, apporte le gros matériel de construction. Promoteurs immobiliers, spéculateurs et autres parasites n'ont pas leur place ici. Le logement cesse ainsi d'être une marchandise et devient un droit.
Juan Manuel parle avec enthousiasme et fierté des nombreuses réalisations des habitants de sa commune, chiffres et graphiques à l'appui. Le barman du café «La Oficina», qui se trouve un peu plus loin de la mairie, nuance quelque peu les propos du maire mais confirme, pour l'essentiel, les avancées sociales de la ville notamment l'octroi des terres pour celles et ceux qui ont besoin d'un logement, préoccupation première des espagnols. Il confirme également l'absence totale de la police, symbole de la répression étatique. En effet, les habitants n'éprouvent aucun besoin de recourir à ses «services». Ici les problèmes de criminalité, de délinquance, de vandalisme etc. sont absents. Ils pensent gérer et régler eux-mêmes les problèmes qui peuvent éventuellement surgir entre eux. En tout cas depuis le départ à la retraite du dernier policier, ils n'ont pas jugé utile de le remplacer.
En face de « La Oficina» se dresse un bâtiment sur lequel on peut lire «Sindicato de obreros del campo» et « Casa de cultura». Mais cette grande salle fait également office de café, bar et restaurant. C'est un lieu d'échanges, de débats, de fête et de convivialité. C'est là aussi que se retrouvent, dès l'aube, les travailleurs agricoles pour un petit déjeuner collectif avant de partir ensemble pour une journée de travail de 6h30 dans les champs d'«El Humoso» à 11 kilomètres du village. Cette terre andalouse, travaillée collectivement aujourd'hui, est témoin d'un passé chargé de tant d'actions, d'occupations, de manifestations, de grèves, de marches et de procès devant les tribunaux. Et c'est grâce à cette lutte très dure et réellement populaire que cette terre (1 200 hectares) fut arrachée à un aristocrate de la région, le Duc de l'Infantado.
Dans cette Andalousie profonde les femmes, malgré les pesanteurs sociales et les préjugés, ont joué un rôle déterminant dans ce combat pour que la terre appartienne à celles et ceux qui la travaillent. Aujourd'hui «ces terres ne sont la propriété de personne sinon de toute la communauté de travailleurs» comme le disent les habitants du village. Mais pour ces ouvriers, il ne s'agit pas seulement de récupérer les terres, mais aussi de construire «un projet collectif dont l'un des objectifs est la création d'emplois et la réalisation de la justice sociale». C'est ainsi qu'est né l'ensemble des coopératives qui produisent et distribuent une série de produits agricoles de grande qualité exigeant en même temps une main-d'œuvre abondante: huile d'olive, conserves d'artichauts, de poivrons rouges, de fèves etc. Les producteurs directs de ces richesses travaillent du lundi au samedi pour une rémunération journalière de 47 euros et ce quelque soit leur poste et leur statut. Ici il n' y a ni patron, ni actionnaires, ni dividendes à distribuer. Le surplus dégagé est réinjecté dans l'entreprise commune dans l'espoir de créer davantage d'emplois et permettre ainsi à tout le monde de travailler conformément à leur projet collectif. Ils tentent de mettre l'économie au service de l'homme et non au service du profit.
Le chômage, ici, est quasi inexistant alors qu'il dépasse les 25 % de la population active en Andalousie et 20 % dans toute l'Espagne! A «El Humoso», les ouvrières et les ouvriers parlent avec une certaine émotion de leur coopérative, de leur travail, de leurs produits, de la solidarité et de la convivialité qui règnent entre eux. Mais, ils évoquent également leur crainte de voir leur unité se fissurer à cause de leurs ennemis qu'ils pensent nombreux dans la région voire dans toute l'Espagne. Il se dégage de leurs récits beaucoup de conviction et beaucoup d'humanité. Manolo, un ouvrier de la coopérative, parle avec affection, comme s'il s'agissait d'une personne, de la machine à extraire de l'huile d'olive dont il s'occupe. Il n'hésite pas à expliquer son fonctionnement, l'entretien qu'elle nécessite etc. à tous les visiteurs. Il parle également avec respect de son compagnon de lutte, le maire Juan Manuel qu'il considère comme «el ultimo», le dernier, à ses yeux, de cette catégorie d'hommes capables de relever un tel défi et de confondre dans un même mouvement pensée et pratique. Manolo évoque aussi la vie d'ascète que mène l'édile du village, les arrestations et les tracasseries judiciaires qu'il a subies et l'attentat auquel il a échappé. Manolo invite avec insistance le visiteur à revenir à la coopérative au mois de décembre ou janvier pour admirer le travail d'extraction de l'huile d'olives.
Mais au village il n' y a ni hôtel, ni hostal pour un éventuel séjour. Toutefois la municipalité met gracieusement des pavillons à la disposition des visiteurs qui peuvent également, s'ils le désirent, partager le logement de quelques habitants pour une somme symbolique comme chez Antonio dans l'avenue principale de la petite ville. Antonio accueille chaleureusement ses hôtes avec qui il aime parler de l'originalité de son village et semble heureux d'y vivre: «pour l'instant, disait-il, nous vivons en harmonie ici». Vivent également en «harmonie» avec les habitants du village, les travailleurs immigrés eux aussi embauchés à la coopérative d' «El Humoso».
Selon les dires du barman du local syndical ces hommes et ces femmes font partie intégrante de la communauté des travailleurs et participent comme les autres aux décisions prises dans les assemblées générales. En effet ces fameuses assemblées se tiennent dans une grande salle attelée au local syndical où traînent à côté des chaises blanches en plastique tout sorte de vaisselle et de couverts stockés là probablement en attente d'une prochaine fête populaire. La salle est également ornée d'un immense et splendide tableau sur lequel on peut voir des hommes et des femmes en lignes serrées précédés de deux hommes et d'une femme portant un enfant dans ses bras, tous marchent vers la même direction. «Aujourd'hui à 20h30, assemblée générale au local syndical», c'est par ce message, diffusé inlassablement par une camionnette qui sillonne toutes les rues de la petite ville, que les habitants sont conviés au rassemblement pour décider de leurs affaires. Ils organisent également ce qu'ils appellent les «dimanches rouges» où des volontaires se chargent gratuitement, entre autres, de nettoyer et d'embellir leur commune: entretien des allées et jardin publics, plantation d'arbres etc. La petite ville est non seulement l'une des plus sûre mais aussi la plus propre de la région!
Le village est relativement riche en équipements collectifs comparativement aux communes avoisinantes. Les habitants peuvent se baigner durant toute la saison estivale dans la piscine municipale pour la modique somme de trois euros. La garderie pour enfants ne leur coûte que 12 euros par mois repas compris. Le complexe sportif «Ernesto Che Guevara», bien entretenu, leur permet de pratiquer plusieurs sports comme par exemple le football, le tennis ou encore l'athlétisme. Durant l'été, les habitants assistent régulièrement à la projection de films en plein air dans le parc naturel. Débats, conférences, films et soutien aux peuples opprimés notamment ceux qui sont injustement privés de leur territoire font partie de la vie culturelle et politique du village. Juan Manuel porte souvent d'ailleurs, ostensiblement, l'écharpe palestinienne! Le sport, la culture, les fêtes etc. sont des droits ouverts à tous comme le travail et le logement. Le développement tant matériel qu'intellectuel de chaque individu reste, ici, la condition du développement de tous. Allez donc à Marinaleda voir et vérifier la réalité de cette «utopie».
Allez à la rencontre de ces hommes et de ces femmes admirables qui ont réussi grâce à leur travail au jour le jour et à leurs convictions à construire , dans un océan d'injustices, de malheurs et d'asservissement, une société différente. Le capitalisme par ses crises à répétition et le danger qu'il représente pour l'homme et la nature n'a pas d'avenir. L'exemple concret et réussi de Marinaleda montre qu'une autre société est possible.
Mohamed Belaali
17:31 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
2010.07.22
Spéculation foncière et immobilière en Soule... toujours.
Euskal herria ez da salgei
Mente ürrentzetik berrialat igaraiteak ez dü Euskal herrian politika norabide aldatzerik ekarri bereziki turisma sailan. Hola nola 1996an Zuberotar abertzalek, eraman züen ikerlaneko lehen zatia izentatüz : Turismoa : apeü tronpakorra, agertzen zeigüen: Xiberoko ekonomian, turismoaren pezüa ezin da xüxen eman. Badakigü komerzanteen diharü harat-honaten zonbakien %20 dela eta urte orotako enplegü zonbaitez kanpo, sasuko enplegü gaizki pakatü baizik ez düala ekarten eta ez ekarriko ere. Turismo bülegoaren zonbaki erran dezagün baikorrak, agertü dütü, bena egiazkotzat har ditzagün : lanean ari direnen % 2,6 turismatik baizik bizi dira. Leader eta PCDen % 44ak turismarentako dira, lau urtentako miliu bat euro... Honbidari ez ?
Haatik, mente berri honek zaharrari ez deio zorrik eta ildoa jarraikiz, egünko egünean, 8 miliu euro, turisma bidean ezarrik dirateke. Nola harrit daiteke arren, herriko eta kanpoko espekulazaleek : agentziek, notariak, erkidegoek, aberats soilek, alde güzietako mafiosoek gure herriaren zatitzea eta saltzea düela helbürü, azpimarratüz ixilka igaran behar diren salmenteki sos meta bat aisa irabazten ahal dela. Hola nola Baxe Nafarroan, urtoroz 30, 40 hektara lür laborantxak galtzen dütüan, eraikuntzen honetan. Berrogei mila bat bigerren egoitza, etxalteak osorik dira erorten, herriaren eta herritarren geroaz axola denmendrenik ez düen aberatsen esküetara. Beren ametsa delarik bixta ederreko berde güne batetaz jabetzea (nahiz eta 10. 000 euro hektara ordaintü), eta bordaxkot baten arraberritzea…hortaz aspertü arte eta ahal bezain kario arrasaltzea erabaki arte.
Egün arrenküra ekarten deigünak bezala. Larraine herrian, hiru hektara eskas, borda bateki bere jabeak saldü nahi düana. Bi gizaldiz eskorkatzen dütüan laborariak, erosteko nahiküntea agertü zeion. Patar diren lürrak, SAFER-ak 20.000eurotan zonbatatü dütü bena egiazkiz beren laborantxako balioa 6.000 euro beno geroago ez lizatekealarik. Haatik, agentzia batek südürra sartü ondoan, prezioa harrigarrizki goratü behar züan. Eroslea, sortzez Zuberotarra bena Ziburun bizi dena, 50.000 euroko eskentza egiten beit züan. Agentziak 5000 euro esküalatü nahi düalarik. Oraikoz, lürrari, esker güti egiten deio bena bere berehalako xedea bordaren berritzea eta ola baten izate juridikoa bilakaraztea lizateke.
Tratü maltzür bat, Larraineko Aüzetxeak honartü ez düana. Hola nola, espekulazioaren hilbideaz ohartürik(lürren galtzea, etxalteen bidaltzea eta laborantxan plantatzea ezinezko…).zinegotxi gehienek zentzüzko eta ikusbide bilakatü beharko lizatekean bigerren aldikoz erabaki bat hartü düe, prezioa arrikusirik izan zadin eta laborantxako baliatürik izan ditean.
Nahiz eta Ministeritzek SAFERaren lehentarzüna honartü eta Larraineko aüzetxea süstengatü etxalten baliatzeko dütüan « arauak » (edo segürrago potereak) salatzen dütügü espekulazioari borta erreskiñatzen beit deio, lür eta egoitzeen bereztea ez dügü iholaz ere honartzen eta erosle berriari zinki galtegiten deiogü tratü ahalkegarri hontarik behin betikoz bazter dadin.
Lürra laborarientzat ! Herriak bizi behar dü !
Espekulazioaren Kuntrako Zuberoako Batzordea
ESPEKULAZIORIK EZ!ALGARRETARATZEA 2010eko AGORRILAREN 7an ARRASTIRIKO 5 etan ZIBURUKO PLAZAN |
Le Pays basque n’est pas à vendre !
La transition entre la fin du siècle et le nouveau, n’a pas entraîné en Pays Basque, loin s’en faut, un changement d’orientation politique surtout dans le domaine touristique. Ainsi en 1996 les abertzale souletins, titrant la première partie de leur réflexion : Tourisme : le miroir aux alouettes, affirmaient en préambule que le poids réel du tourisme dans l’économie souletine ne peut être chiffré avec précision, qu’il représente 20% du chiffre d’affaire des commerçants et qu’il n’entraîne que la création d’emplois saisonniers et mal payés. S’appuyant sur les chiffres très optimistes de l’office du tourisme ils démontraient que seulement 2,6% des actifs vivent du tourisme et 44% des fonds LEADER et PCD sont alloués au tourisme 1 million d’euros vont être attribués en 4ans à différents projets. Edifiant non ?
Pourtant le siècle nouveau n’a rien à envier à l’ancien et comme le sillon était tout tracé ce sont aujourd’hui 8 millions d’euros qui sont versés à la filière touristique. Comment s’étonner alors que les spéculateurs locaux et étrangers: agents immobiliers, notaires, sociétés, particuliers fortunés, mafieux de tout bord, se partagent notre pays mettant en exergue la possibilité de gagner facilement un maximum d’argent sur de simples transactions qui doivent bien entendu se passer le plus discrètement possible. Ainsi en Basse Navarre ce sont 30 à 40 hectares de terres que l’agriculture perd chaque année au profit de l’immobilier. Ce sont quelques 40.000 résidences secondaires, ce sont des propriétés entières qui se retrouvent aux mains de nantis qui n’ont que faire de l’avenir de ce pays et de ses habitants et qui n’aspirent qu’à devenir propriétaire d’un joli coin de verdure à 10.000€ l’ha et d’une chaumière restaurée…jusqu’à s’en lasser et trouver tout aussi attrayant de la revendre en faisant une confortable plu value.
Tout comme celle qui nous préoccupe aujourd’hui. Située à Larraine, moins de trois hectares de terre avec une grange que leur propriétaire désire mettre en vente. Le paysan qui les exploite depuis deux générations tout naturellement est prêt à les acquérir. Ces terres bien pentues, expertisées par la SAFER 20.000€, mais dont la valeur agricole n’excède pas 6 000€, après le passage du dit agent immobilier, atteindront 55 000€ (dont 5.000€ d’agence) puisqu’un client fortuné, d’origine souletine mais vivant à Ziburu désire les acquérir à ce prix là. Dans l’immédiat, même si la terre ne l’intéresse pas, il projette de transformer la grange en… habitation saisonnière.
Une transaction que la majorité du conseil municipal de Larraine est loin d’accepter puisque ayant pris conscience des dangers de la spéculation (perte des terres et des habitations, impossibilité de transmettre la propriété aux descendants, installation impossible….), elle a voté à la majorité une nouvelle fois, une deuxième délibération pleine de bon sens et qui devrait servir d’exemple, pour que le prix de vente soit revu à la baisse et pouvoir exercer son droit de préemption. Pour l’heure, les ministères concernés ayant accepté le droit de préemption et même si la SAFER soutient la décision du conseil municipal nous dénonçons leurs « critères » d’expertise (ou le pouvoir qui lui est octroyé ) qui entrouvrent la porte à la spéculation, nous n’acceptons pas que la terre soit dissociée des granges et autres habitations et exigeons que le nouvel acquéreur se retire de cette honteuse spoliation-transaction.
La terre aux paysans ! Le Pays Basque doit vivre !
Collectif de Soule contre la spéculation
| NON A LA SPECULATION ! MANIFESTATION SAMEDI 7 AOÛT17 HEURES à ZIBURU |
11:12 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
2010.07.12
Réappropriation de terre en milieu urbain
Communiqué - Jeudi 8 juillet 2010- la Mairie de Dijon fait expulser et détruire la "Villa" autour du potager collectif des Lentillères.
Contact : tierraylibertad@potager.org
Aujourd'hui 8 juillet, la Mairie et la préfecture ont profité du début des vacances et d'une courte absence des habitants pour venir expulser la "Villa", une maison abandonnée puis occupée, mobilisant force policiers ainsi qu'un tractopelle pour détruire immédiatement la maison (sans permis de démolir apparent) et laisser un tas de ruines pour les années à venir. Un certain nombre de personnes impliquées dans le potager, de soutiens et de voisins se sont rassemblées au cours de l'après-midi pour protester et faire en sorte que les affaires des habitants et du potager ne finissent pas sous les décombres. Rappelons que cette grande maison avait été rachetée 500 000 euros au début de l'année par la Mairie qui en avait fait immédiatement détruire le toit. Elle avait ensuite été restaurée par des personnes à la rue qui avait décidée de l'habiter. Il faut préciser que la Mairie n'avait aucun projet avant au moins quelques années sur cette maison, si ce n'est de la laisser vide et inutilisable. Depuis quelques mois la Villa était aussi un lieu de stockage, de rencontre et d'organisation pour le Potager Collectif des Lentillères. Depuis le 28 mars en effet, des terres laissées en friche depuis des années rue Phillippe Guignard avaient été occupées par plus de 200 personnes pour être transformées en un potager. Ce potager s’est ancré dans la vie du quartier et représente une expérience concrète de maraîchage local, collectif et autonome vis à vis de l’industrie agro-alimentaire, en zone péri-urbaine. Déterminé à expulser la Villa, le Maire de Dijon, M.Rebsamen, avait refusé tout retour en arrière, et ce malgré la multiplication des actions de soutiens (à l'appel de nombreuses associations dont Attac 21 - Association Kir - Association Vira Lata - Confédération Paysanne 21 - CNT 21 - Food not Bombs Dijon - le Groupe Libertaire Dijon - Espace autogéré des Tanneries - Maloka - Plombières Environnement), lettres, appels et manifestations devant la Mairie durant les semaines passées. Le Maire avait annoncé la couleur dès la semaine dernière lors du dernier conseil municipal, en annonçant haut et fort, face aux question des journalistes et à un nouveau rassemblement de soutien : "On n’a pas à violer la propriété privée. Ils seront donc expulsés le plus rapidement possible. Je n’ai pas d’état d’âme… ". Rappelons que la "Villa" appartenant à la Mairie, il s'agissait en l'occurence plutôt d'une propriété publique. Il n'hésitait pas par ailleurs à mentir éhontément affirmant pour se justifier : "Tout est pollué dans le coin mais enfin bon, ils mangent les légumes qu'ils veulent manger". Alors que ces même terres avait été exploitées par des maraîchers bio agréés il y a quelques années encore. Venus assister à l'expulsion, le directeur général du Grand Dijon, face aux personnes rassemblées qui affirmait que cette expulsion était honteuse, s'est contenter de répondre "sans doute", mais qu'il ne faisait que "faire son travail". Belle excuse ! En expulsant la Villa, la Mairie prend pourtant clairement position contre le projet de potager collectif de la Rue des Lentillères. Elle affiche aussi ouvertement son hypocrisie,en annonçant d'un coté, pour l'image verte un projet d'"éco-quartier" et la volonté de garder des potagers en zone péri-urbaines, et en faisant tout pour les détruire quand ceux-ci se mettent en place. C'est la même hypocrisie que l'on retrouve quand le Maire vient faire son marketing social au Sénat en prônant une loi pour la réquisition des logements laissés vacants et fait tout le contraire dans sa commune en les détruisant systématiquement. (voir : http://www.dijonscope.com/001890-logements-vacants-la-proposition-de-loi-de-f-rebsamen-est-recalee )
Nous appelons aujourd'hui à renforcer la mobilisation autour du potager et engager diverses actions de protestation en réaction à cette expulsion. Nous allons pour notre part poursuivre la culture des terres autour de la "Villa". Nous continuerons à refuser que des maisons restent vides à Dijon et que le quartier des Lentillères soit complètement bétonné. Nous lutterons pour que des terres y demeurent utilisées pour jardiner et se retrouver, loin des logiques urbanistiques et mercantiles mortifères. Nous n'oublierons pas !
Le potager collectif des Lentillères et la Villa en exil.
21:51 Publié dans Ekintzak | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
2010.04.03
Récupération de terre
Libération de terres, le 28 mars, à Dijon
L'article avec de jolies photos sur :
http://www.brassicanigra.org/contributions/recit-de-la-li...
10:10 Publié dans Ekintzak | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
2009.03.20
Colonialisme agraire
Transformer une ferme, une maison d'habitation, en résidence secondaire, c'est une forme de colonialisme. Accaparer des terres arables aux quatre coins de la planète pour les utiliser à son profit en grenier à grains en est une autre. Voir l'article de La croix du 26 février 2009. Edifiant mais point étonnant.
14:44 Publié dans Jakin behar dena | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : agraire, colonialisme, souveraineté alimentaire, paysans
2008.09.16
Sortir de l'économie
Lecture enrichissante : Comment un collectif combat les tentatives de marchandisation de l'espace de vie rural, un exemple en Auvergne.
Un article publié dans la revue "Sortir de l'Economie" http://sortirdeleconomie.ouvaton.org
Voici un ouvrage relatant près de dix ans de lutte contre la modernisation marchande de la vie (et ses différents masques sous les traits de la "lutte contre la désertification des campagnes", du "développement local" et "durable", etc) dans une petite vallée de l'Auvergne, la Ramade (Haute-Loire), que l'on aimerait voir et lire plus souvent tellement il est stimulant.
Pour lire l'article : http://sortirdeleconomie.ouvaton.org/sde-n1.pdf page 28 du numéro 1 de la revue.
17:58 | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
2007.10.27
Les "low cost" et la spéculation
Point à la ligne

Et de 1 et de 2 et de 3. Une troisième ligne aérienne s'ouvre dans le département. Aprés l'Angleterre, les PaysBas, maintenant la Belgique et tout ça à grand renfort de subventions car ne vous imaginez pas que les compagnies aériennes viennent par hasard. C'est tout un travail de les faire venir, il en faut un boulot de lobbying de la part des responsables locaux (pour que le patron de Ryanair fasse son bisnees il faut en plus le payer). Là il n'est plus question de libre concurrence, la commission de Bruxelles met de fortes amendes quand un pays subventionne ses services publics mais ici elle laisse faire. Deux poids deux mesures.
Cela nous coutera donc 325 000 € par an pendant 5 ans. Soit la bagatelle de 1 625 000 € : 40% de cette somme sera payée par nos Impôts via le conseil general, le reste par les ceux des Palois via leurs communautés de communes.Tout ça pour qu'une poignée de commerçants , quelques agents immobiliers et quelques particuliers s'enrichissent au détriment du reste de la population qui se paupérise, car ne croyez pas que se soit le hasard qui à fait monter les prix des maisons. Les prix se sont envolés à partir de l'an 2000 en même temps que les premiers avions de la compagnie sus citée atterrissaient sur l'aéroport de Pau.
Et réjouissez vous ce n'est pas fini car la Chambre de Commerce et d'Industrie envisage de lancer un appel européen à l'ouverture de nouvelles lignes.
A l'heure des Grenelles de l'Environement et autres cataplasmes sur jambe de bois, on continue allègrement à déplacer d'un bout à l'autre de l'Europe, à grands coups de kérosène, des gens qui fuient la pollution des grandes villes. L'avion est quand même le moyen de transport le plus polluant à ce jour d'autant plus qu'il libère ses saloperies directement dans les hautes couches de l'atmosphère.
Alors on va encore m'objecter d'être raciste, mais entre être fermé sur soi et subir une néo colonisation il y a certainement un juste milieu à trouver.
17:05 Publié dans Jakin behar dena | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
2007.10.17
Les points sur les i
Et un collectif ne suffisant sans doute pas, voilà t -il pas qu’ils créent une assoz. (la branche armée de ces "politiques" financiers en fait !) Etxalde, qu’elle s’appelle, prête à vous peler ! et même avec sa dénomination manech ( enlève ta cagoule on t’a reconnu !) elle sévira aussi en Soule. Son bouclier à elle ètant : on a le même principe que le GFA. Ha ouai ? « Oui! Alors ferme ton clapet à merde » sachant de quoi ils parlent nous répondent-ils poliment du haut du plongeoir de leur piscine Picsou. Et même qu’à Ama Lurra ils auront leur stand à côté d’eux.... Les loups vont se couvrir d’un manteau en laine de brebis et les bêtasses ne s’en apercevrons pas tralala!. On se consolera en pensant aux locataires de la ferme Kako qui ne vivront pas dans la bergerie car Etxalde achètera certainement la maison (au prix du marché de l'agence Soule Navarre Immobilier) et pour un prix modique leur loura. Fric ! Fric ! Fric! Hourra !!! Toute cette effervescence ( quoi ? j’ai dit essence ?….. Va de Rétro !) collectifrique fera t'elle définitivement taire ceux qui lapidairement estiment que la réunion publique du 6 octobre 2007 (date qui restera gravée dans l’histoire autant que l’invention de la chasse d’eau) n’aura fait qu’un flop comme un KK de BBK qui tombe dans la fosse septique de l’ Etxalde ? Mais à fosse (d'être) septique on se pose tous des question non? Gageons au moins que la réactivité populaire saura ébranler les dessins de ces nouveaux Spéculateurs en leur mettant à l'occasion.... les poings sur les i.
Beñat Espil
09:35 Publié dans Iritziak | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
2007.10.03
Vingt deux ! Les pompiers
A PROPOS DE LA REUNION SUR LA QUESTION DE L'IMMOBILIER EN SOULE INITIEE PAR QUELQUES PERSONNALITES
« Ce groupe de réflexion a débuté il y a peu. On s’est donné le temps de réagir aux évènements des derniers mois, et on a envie de dire les choses aujourd’hui. »
L’esprit du groupe à l’initiative de cette réunion n’est-il pas magnifiquement résumé dans ces trois lignes extraites d’un article de presse ?
Il y apparaît en tout cas clairement que ce sont les incendies de cet été qui les font réagir et non pas la flambée des prix de l’immobilier qui atteignent des sommets désormais infranchissables pour toute personne modeste, problème qui ne date pas des derniers mois, lui. Et on le comprend bien en regardant la composition de cette équipe. Hormis le célèbre agent immobilier dont les intérêt sont évidemment du côté du marché de l’immobilier (plus ça monte, plus il gagne), certains autres possèdent des résidences secondaires, ils savent donc de quoi ils parlent et défendent leur condition de double propriétaire au travers de cette initiative. Il est donc totalement vain de se mêler à cet appel qui apparaît pour ce qu’il est : une tentative de culpabilisation et de marginalisation de ceux qui réagissent comme ils peuvent contre la difficile question du logement et de la terre. C’est l’initiative de la bourgeoisie contre le peuple.
Il n’y a point la volonté de soulever les haines dans ces propos mais simplement de remettre les choses à leur place. Contrairement à ce que voudraient faire croire ces personnalités nous n’avons pas tous les mêmes intérêts sur cette terre et sur celle de Euskal Herri en particulier. Aucune intention de dépeindre les propriétaires de résidences secondaires comme des monstres mais simplement la volonté de rappeler qu’une maison ainsi occupée c’est tout simplement un logement de moins pour ceux qui vivent ici. Il n’est pourtant pas nécessaire d’avoir fait polytechnique pour comprendre qu’un patron de holding industriel n’a pas les mêmes choses à défendre qu’un paysan au RMI ou un ouvrier, qu’un jeune cherchant à s’installer ne peut faire de sourire qu’obligé à un marchant de logements…
« Comment faire venir les gens de l’extérieur lorsque les maisons brûlent ? N’y a t-il pas une part de xénophobie ? La Soule n’est-elle pas en train d’opérer un repli sur soi ? Comment s’organiser pour prendre les choses globalement et de manière cohérente ? N’oublions pas qu’une résidence secondaire, c’est aussi une maison qui ne tombe pas en ruine, et des rentrées financières pour la commune ! » Peut-on lire plus loin dans cet article.
Qu’est-ce qui vous dit que ce n’est pas quelqu’un de l’extérieur qui, lassé de ne pas trouver de logement pour s’installer ici, s’en est pris aux résidences secondaires ? Combien de personnes ainsi dépitées ont finalement décidé de partir ailleurs alors qu’elles aimaient le pays ? Combien de jeunes paysans prenant la suite cherchent en vain un logement et constatent qu’entre les gîtes et les maisons de vacances il ne leur reste qu’à construire du neuf en bouffant une parcelle de bonne terre et en s’endettant ? Nos initiateurs tardifs ne pensent pas à ces cas là. Non, ils préfèrent se réjouir qu’une maison en mauvaise état soit transformée en résidence secondaire comme ça le paysage ne souffrira pas de défiguration et pourra continuer à attirer les touristes qui « tomberont amoureux » de ce joli coin de France et décideront d’y établir un petit nid pour l’été et le ski. La volonté de discréditer les auteurs d’actes de résistance, peut-être désespérés, avec des concepts moraux est manifeste ici en essayant de les assimiler à des gestes xénophobes. Tiens, cela rappelle un souvenir à ma mémoire. C'était la période de la lutte contre le gazoduc durant laquelle, déjà, on entendait que les Souletins avaient les mêmes intérêts (accepter le tuyau et les 600 emplois !), à cette époque on pouvait entendre le Maire d’Idauze-Mendi vociférer à la radio contre ces militants de l’association Gazpars "qui ne sont même pas d’ici". Il est vrai que dans ce cas les personnes visées n'étaient pas de riches étrangers dont il faut préparer la venue.
Non décidément, rien d’étonnant dans cet appel. Chacun ses préoccupations. Bonne chance tout de même au « vert de Soule » comme le nomme le journaliste !
Une maison transformée en résidence secondaire c'est une maison perdue pour le pays.
11:25 Publié dans Réplique | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
